Ca faisait longtemps que je n’avais pas écrit sur mon blog. J’ai eu un déclic en voyant un contact facebook reprendre un blog abandonné depuis plus d’un an. Et puis même si je n’écris qu’un article par an,il se peut qu’il y en ait plusieurs dizaines à venir!

Depuis tout ce temps, il s’est passé pas mal de choses: la fac, les vendanges… Globalement la vie après la prépa devient vite ennuyeuse, et il faut se trouver de nouvelles activités. Je n’étonnerai personne en disant que je me suis investi davantage encore dans la musique. Dans un premier temps, on peut dire que j’ai approfondi mes connaissances sur quelques artistes, dont Boards Of Canada – à propos desquels j’avais écrit mon premier article. J’ai aussi ressorti la bonne vieille basse qui prenait la poussière, et j’essaye depuis de travailler mon jeu, ce qui n’est pas toujours facile. La passion aidant, je me suis décidé à acheter un matériel de meilleure facture, pour prendre plus de plaisir à jouer, mais aussi pour me mettre la pression, car on hésite à abandonner du bon matériel. A long terme l’objectif serait d’avoir un matériel suffisant pour pouvoir composer des titres dans de bonnes conditions. Mais pour l’instant je dois me contenter de :

Ibanez

- Ma nouvelle basse, une Ibanez EDB-600. Il s’agit d’un ancien modèle que j’ai acheté d’occasion. Sa conception originale (son corps est en résine et non en bois ce qui lui procure un son assez “froid” et, au début, une odeur de pétrole) lui a valu une réputation de basse médiocre. On en trouve souvent à des prix intéressants, et elle me rend de fiers services. En effet elle a quand même des caractéristiques très intéressantes : d’excellents micros, des mécaniques fiables (elle tient redoutablement l’accord), une électronique active qui ne génère aucun bruit de fond. Pour conclure, on peut lui trouver un son froid, mais je préférais dire qu’elle a un son “propre”. ;)

Hartke

- Une pédale d’effet Hartke VXL Bass Attack. Sans rentrer dans les détails, elle fait office de boite de direct (elle adapte le signal de l’instrument, pour qu’on puisse le repiquer dans une table de mixage ou une carte-son) et de simulateur d’ampli à lampes (et donc en théorie reproduit la distortion typique des bons vieux amplis vintages). Achetée à l’époque pour son effet “lampes” elle m’avait déçue. Utilisée ensuite comme boite de direct, elle m’avait déçue aussi lorsque je l’avais branchée dans ma carte-son d’entrée de gamme (en vérité c’était celle-ci qui affaiblissait dramatiquement le niveau sonore). Après avoir achetée une nouvelle carte-son (dont je parle un peu plus loin), elle m’avait déçue une troisième fois, car cette fois-ci, je réalisais que l’effet lampes produisait très vite de désagréables parasites dès que je poussais le gain.

Mackie

- Une table de mixage Mackie 402 VLZ3, que je viens d’acheter hier. Elle a d’excellents préamplis et est construit dans un boitier d’apparence robuste. J’ai pu tester l’excellence de ses préamplis hier même en branchant ma pédale d’effet hartke dedans. En laissant le gain à zero dans la pédale et en le faisant varier au niveau de la table, j’ai pu dire au revoir à mes problèmes de parasites. Il ne faudrait pas les pousser dans leurs retranchements, mais la qualité est au rendez-vous.

ESI

- Une carte-son ESI UGM 96, choisie pour ses dimensions avantageuses, et la réputation de son fabricant. La qualité sonore est impressionnante pour le prix, mais je ne peux pas l’exploiter à fond à cause de soucis d’ordre logiciel (je ne peux pas chosir la meilleure qualité d’enregistrement sous linux). Ces problèmes méritent un article à part entière, mais sachez déjà que je suis confiant pour la suite des événements, j’y travaille d’arrache-pied.

Voilà, je pense qu’on a fait le tour. Le matériel dont je dispose est relativement modeste. Cependant les progrès dans l’informatique musicale ces dernières années furent tels qu’avec cette base (et du talent), il serait possible de faire des enregistrements correspondants aux standarts actuels (surtout avec la dégradation de la qualité dûe au format mp3…). Il manquerait juste un bon système d’écoute et de bons musiciens. N’oublions pas que certains des plus grands artistes ont enregistré des albums de grande qualité avec des 4 pistes…

biscuits

Sous ce nom un peu péremptoire se cache ma révélation (non-musicale) de la semaine. Il s’agit de cet assortiment de biscuits apéritifs à la japonaise qui me comblent le palais d’arômes plus sublimes les uns que les autres : certains ont le goût de cacahuète, d’autres ont le goût des graines de sésame ; c’est tout bonnement une des plus belles merveilles gustatives que l’homme est parvenu à créer jusqu’à ce jour.

L’homme… Ou peut-être est-ce Dieu? Un tel achèvement fait naître le doute. Est-il vraiment possible que l’homme puisse (pré)tendre à une telle perfection gustative? Il y a de quoi se poser des questions… En réalité, rien n’est moins sûr. A la manière d’Anselme de Canterbury, qui autrefois postula que Dieu, parce qu’il regroupait toutes les perfections du monde dans son concept, existait nécessairement, il faut en conclure que l’existence d’une telle perfection gustative est la preuve ontologique que Dieu existe nécessairement.*

Le hasard a voulu que ce divin objet ait pris forme dans des contrées des shintoïstes et bouddhiste, dans ce pays du soleil levant, dans ce lieu du snobisme post-historique, comme le remarquait naguère Alexandre Kojève. C’est l’ironie du sort qui est ici à l’œuvre ; à moins qu’il ne s’agisse, une fois de plus, de celle du seigneur, dont les voies sont impénétrables. Il reste que ces petits biscuits sont l’occasion d’une méditation mystique et métaphysique qui n’est pas sans rappeller celle de l’Hésychasme.

En un mot : bon appétit!

*Edit du 15 janvier 2009 : ce qui est malheureusement faux. Il s’agit là de la preuve ontologique de l’existence de Dieu telle qu’elle fut formulée par Descartes. Celle d’Anselme consiste à dire que Dieu est ce qui est tel que rien de plus grand ne peut être pensé. Sur ce point, cf. Bernard Sève, La question philosophique de l’existence de Dieu, PUF, Paris, 2000.

Perdition_city

Je décide d’inaugurer une rubrique spéciale pour vous parler de l’album qui m’a le plus marqué chaque semaine. Le premier album que je choisis s’appelle Perdition City d’Ulver. Et je rencontre ma première difficulté, car il ne s’agit pas d’un album facile à décrire. Le meilleur moyen d’en parler est peut-être de commencer par l’histoire de son groupe, que l’on peut diviser en deux parties assez distinctes, qui nous donnent à entendre deux musiques tout à fait différentes l’une de l’autre. Ulver est en effet une de ces rares formations à être passées d’un style à un autre, au risque de décevoir leurs auditeurs. Retour en arrière sur un groupe qui n’a peut-être pas fini de nous surprendre…

L’histoire d’Ulver commence au début des années 90 en Norvège. Le leader du groupe, Kristoffer Rygg (alias Garm) fonde le groupe Ulver (“loups” en norvégien), qui pratique un black metal d’abord classique, et qui lorgne peu à peu vers une musique plus folklorique, avec des chants clairs et l’utilisation de guitares acoustiques. Cette période voit donc se succéder les albums de true black metal (Nattens Madrigal) et les albums plus folkloriques (Kveldssanger). A la fin de cette première période, le groupe semble prendre ses distances avec le milieu du black metal, et l’album The Marriage Of Heaven And Hell sorti en 1998 marque un changement de style pour le moins étonnant. Cet album s’avère être un album de transition. Concept-album autour de l’œuvre de William Blake, il voit apparaître des sonorités électroniques qui les rapprochent du genre industriel, bien que le groupe reste proche du metal. Metamorphosis achève, comme son nom l’indique, la transformation du groupe qui nous livre en 1999 l’album dont il est question aujourd’hui, Perdition City.

Ici, il n’est nullement question de metal et on aurait peine à trouver des points communs avec le black metal qu’ils pratiquaient auparavant. Sonorités électroniques, instruments de jazz (dont une superbe utilisation du saxophone sur la première plage), ambiances sombres, Ulver se crée un style qui lui est propre. On parle assez souvent de trip-hop ; je n’y vois aucun inconvénient. Il convient néanmoins d’ajouter que la musique est sous-tendue par des sonorités sombres, et qu’elle devient le lieu d’expérimentations sonores qui les éloignent complétement de groupes comme Massive Attack. On se rapproche alors du dark ambient, pratiqué par d’autres groupes de black metal (parfois appellé black ambient), à la différence près qu’ici il n’y a justement aucun lien avec le black metal. Ulver expérimente, et ce à partir de zéro. Cet album est le lieu d’un voyage musical à la fois captivant et terrifiant, tour à tour jazzy (Lost In Moments), oppressant par ses sonorités électroniques (Tomorrow Never Knows), voire progressif dans le choix de ses structures (avec la superbe montée en puissance opérée sur le morceau The Future Sound Of Music qui se fait mimétique de cette évolution chronologique de la musique), qu’on se plait à recommencer à peine celui-ci terminé.

Vous l’aurez compris, on tient là un album qui montre que l’on peut encore faire de la musique sans se laisser enfermer dans le carcan des genres musicaux d’aujourd’hui, et prendre le risque d’expérimenter au risque même de décevoir les auditeurs de la première heure. Un disque que je conseille à tout le monde, et non aux seuls amateurs de black metal ou de musiques d’ambiance.

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Année de sortie :
2000

Tracklist:
1. Lost In Moments
2. Porn Piece Or The Scars Of Cold Kisses
3. Hallways Of Always
4. Tomorrow Never Knows
5. The Future Sound Of Music
6. We Are The Dead
7. Dead City Centres
8. Catalept
9. Nowhere/catastrophe

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Quelques liens:
Site officiel | sur Nightfall on Metal Earth | sur Progressive Waves

Boards Of Canada

En guise de premier véritable article, je me propose de vous parler de la découverte musicale de cette semaine. Il s’agit de Boards Of Canada. Pour commencer, la présentation wikipedia:

Boards Of Canada (BOC) est un duo écossais de musique électronique composé de Michael Sandison (né le 14 juillet 1971) et Marcus Eoin (né le 27 mai 1973). Ils ont réalisé de nombreux albums, les plus notables étant Twoism (1995), Music Has the Right to Children (1998), Geogaddi (2002) et l’album The Campfire Headphase, sorti le 17 octobre 2005 avec peu de publicité et de rares interviews. Le duo a enregistré quelques œuvres peu connues sous le nom de Hell Interface.

Pour l’instant, je n’ai pu écouter que l’album Music Has the Right to Children, mais je suis tout à fait d’accord avec un certain nombre de points souvent évoqués, notamment :
  • Les quelques certitudes à propos de leur style de musique: ammbiante, complexe, travaillée. L’appelation “IDM” (Intelligent Dance Music) n’est pas déméritée.
  • Le son, qu’on s’accorde généralement à définir comme chaud, rappellant les années 70.
  • Les inspirations : ça me rappelle moi aussi Brian Eno, et on ressent effectivement bien aussi l’aspect organique, écologique de leur musique.
Si vous aimez la musique ambiante, l’IDM, ou recherchez des sensations nouvelles dans la musique, je ne peux que conseiller leur musique qui, à plus d’un titre, mérite d’être connue.
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Quelques liens:
Site officiel | sur Fluctuat.net | sur le Wikipedia

Il n’est jamais très facile de commencer un blog. Ni même de le maintenir pendant une longue période. Je refais néanmoins le pari de tout reprendre depuis le début. Je ne présage pas du contenu futur, le blog se remplira au gré de mon inspiration, ou demeurera vierge.

Le but n’est pas de toucher un maximum de personnes, il suffit de regarder la liste de mes amis pour s’en convaincre. Juste d’écrire des choses me tenant à cœur.

L’avenir nous dira si cela vaut la peine d’être commencé.